Chat Perché

Argument

Prologue
Nous sommes dans un village du Jura, à la fin de l’année scolaire. C’est la cérémonie de la remise des prix. La fanfare défile ; l’inspecteur appelle les lauréats. Delphine et Marinette, suivies de leur cousine Flora, viennent recevoir leurs prix. Le sous-préfet se lance dans un discours sans queue ni tête sur l’importance de l’instruction. La fanfare enchaîne ; tous reprennent l’hymne en chœur et quittent le plateau. Delphine et Marinette traînent en queue de cortège et amorcent quelques mouvements étranges.
1er acte : Le Paon
Les petites filles se retrouvent seules devant la ferme. Désoeuvrées, elles se demandent à quoi jouer. Leurs parents, furieux, les exhortent à s’occuper utilement et leur donnent des torchons à ourler. A contrecoeur, les petites se mettent au travail.
Passe, en fond de scène, la cousine Flora. Gâtée par ses parents, elle exhibe successivement trois robes devant les petites, béates d’admiration.
Un vent de coquetterie souffle alors sur la ferme. L’oie et le coq rivalisent de vanité et font bouffer leurs plumes. Passe le cochon bien gras. Les parents l’admirent, le destinant à la boucherie. Inconscient de la menace, le cochon se pavane.
On entend alors un grand éclat de rire provenant du fond de la scène. Arrive le paon qui habite le château voisin. Arbitre des élégances, il raconte ce qu’il en coûte de devenir beau…et de le rester. Il décrit son enfance, bridée par les interdits. Sous son influence, les animaux de la ferme se mettent à la diète, au grand dam des parents. Mais au bout de quelques jours, seul le cochon poursuit le régime. Il refuse toute nourriture, fait de l’exercice et perd effectivement du poids : il espère une vraie métamorphose. Un jour, de retour d’une promenade, il voit au-dessus de sa tête s’agiter les branchages. Il se croit enfin pourvu d’une huppe et d’une traîne. Fou de joie, il se met à danser. Le vent fait place à la pluie et derrière la pluie, apparaît le soleil. Un arc-en-ciel se dépose alors sur la peau du cochon, achevant ainsi la métamorphose sous l’œil admiratif des animaux de la ferme.

***

Interlude
2ème acte : Le Canard et la Panthère
A plat ventre dans l’herbe, Delphine et Marinette étudient leur géographie en compagnie d’un canard. Sur l’atlas, elles lui montrent la Chine et le canard soupire : il voudrait tant voyager…
Les parents, qui épient la scène, admirent la jolie mine du canard, parlent des navets du verger et de la venue de l’oncle Alfred pour le dimanche qui vient. Delphine et Marinette, comprenant la menace qui pèse sur le canard, le poussent à réaliser ses projets de voyage et le canard quitte la ferme. Il revient au bout de trois mois, flanqué d’une panthère qu’il a rencontrée au Bengale. Malgré les réticences des parents, il l’installe à la ferme. La panthère jure de ne jamais toucher aux animaux domestiques. L’ère des jeux commence: la panthère organise d’interminables parties et contraint toute la ferme à jouer, y compris les parents qui se découvrent des partenaires acharnés.
Mais le cochon est mauvais joueur ; la panthère l’accuse de tricher et les deux animaux vont se coucher, brouillés. Le lendemain, le cochon sort à l’aube. A dix heures, la panthère à son tour quitte la ferme. A midi, le cochon n’est pas rentré et les parents s’inquiètent. La panthère rentre au soir, la démarche pesante. Elle récuse les insinuations des parents : elle n’a pas touché au cochon. Mais le temps passe et le cochon ne revient pas.
C’est la fin des vacances. La pluie s’installe sur le Jura. La panthère a perdu le goût du jeu. Elle observe le ciel et la plaine et trouve que tout est sale. Les petites lui promettent que bientôt, la neige recouvrira le paysage. Et la panthère attend. Un matin enfin, à son réveil, tout est blanc. La panthère sort, impatiente de goûter à la neige. Pendant des heures, elle court, danse et joue avec les flocons. Elle s’est beaucoup éloignée de la ferme. Le vent a effacé ses traces. Les parents, ne la voyant pas revenir, envoient les petites à sa recherche, accompagnées du canard. Après force méandres, ils découvrent la panthère, grelottante de froid et agonisante dans la neige. La panthère met sa tête entre les mains des petites filles et meurt en murmurant : le cochon, le cochon…

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Gérard Pesson

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