Fabula – Opéra de poche d’Oscar Strasnoy

livret : Alejandro Tantanian
d’après une histoire folklorique italienne
musique, dramaturgie : Oscar Strasnoy
Conseil à la mise en scène, dramaturgie : Renate Ackermann

Daniel Gloger, contre-ténor
Garth Knox, viole d’amour

Cela se passe, tout près de chez vous, dans votre bar préféré. Un homme, exalté, raconte. Il parle beaucoup. Des choses incroyables. Dans un coin, au fond du bar, un autre homme, mutique, l’écoute. Il bougonne et bricole sans cesse…

Dans le bar. Ambiance terne, presque minable. Au premier plan, près du comptoir, un quidam traîne une pauvre allure. Il raconte une histoire. Incroyable. L’autre type, genre abandonné des dieux et des hommes, bricole dans son coin, mutique. La parole du premier déferle. Il parle d’un mouchoir parfumé, d’une jeune fille très belle, protégée par une quantité de vieilles. Sa mère. Son mariage. L’amour, le sexe. Bafoués. Peut-être un crime. Une fin qu’il n’arrive pas à rendre heureuse. Le temps file. L’histoire défile. Nous ne sommes pas sûrs de tout comprendre. Nous sommes attrapés par l’histoire, dedans. Pourquoi des bribes de dialogues font-elles ainsi irruption, telles des bulles, dans nos esprits abasourdis. Le bavard est très agité. Il ne tient pas en place. Il prend le mutique à partie. Tout le monde. L’autre bougonne de temps en temps, sceptique. Sommes-nous bien dans notre bar préféré ? Ou dans un film, genre policier et noir, qui se déploie et nous emporte vers une fin impensable. En version originale.

DS

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